Nathalie Novain

Nathalie Novain - Solide - 2013Nathalie Novain - Blocs - 2014
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Vit et travaille Ă  Paris

RĂ©sidence : Domaine de Saint-Ser, Puyloubier - Vernissage le vendredi 30 juin 2017, 18h

Exposition(s) : 25 juin au 30 octobre 2017

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Les résidences 2017

Dans son travail artistique, Nathalie Novain utilise les matériaux tels que le marbre, le plâtre, le béton ou la résine et se questionne sur la forme et sur l'espace. Ainsi, une jonction s’établit entre structures géométriques et aléatoires. Son but est de révéler une matière brute, dense et une forme à la fois simple et complexe. Elle tisse des liens entre différents volumes dans un espace défini, étudie leurs rapports, leurs proportions et propose différentes strates de lecture.

 

"Le travail de Nathalie Novain associe à une certaine célérité la lenteur d’un processus de sédimentation des matières, des actes et des expériences ; tempo calcaire d’une chute dans le liquide immobile de l’espace d’exposition. Il en résulte d’abord un silence substantiel. Puis la pensée s’organise en formes rigoureusement minérales : carrés, baguettes, rhomboïdes, trapèzes, ovales et autres cabochons facettent avec discrétion les pâles lueurs d’une boîte blanche.

Si la taille et le moulage de ces volumes requièrent une méditation analogue à celle que provoque la beauté d’un parfait stalactite, ils n’en recèlent pas moins, dans le secret de leurs veines, une géographie particulière. Bien sûr il y a Carrare, que l’artiste associe de façon énigmatique à l’architecture d’un vestibule. Mais il y a aussi Monaco, gisement inattendu de frêles et cylindriques souvenirs. Mer ou montagne. Sur le flanc des Alpes toscanes, depuis l’époque romaine, le marbre affleure qui depuis l’autoroute fait croire au scintillement de neiges éternelles. Au fond des séracs de ce monumental glacier, l’homme s’est, de longtemps, ménagé des passages.

Ces incises dans le minéral brut, l’artiste se les approprie sur un mode anatomique. Son Vestibule marmoréen n’est autre qu’une cavité du labyrinthe osseux de notre oreille interne : il équilibre le lieu où il se trouve, où il prend place. Quant à l’écaille beige du Rocher, elle doit son unité aux terrains de couverture marneux du Crétacé. La sculpture de Nathalie Novain joue bien sur un écart ; géographique, temporel, plastique et poétique. Le cristal le plus pur, réduit en poudre, recouvre grâce à l’eau sa géométrie originelle.

Pourtant, au-delà du miracle des analogies et dans la solitude de l’atelier persiste la latence d’une fracture. Un deuil est à venir, comme un point d’interrogation adressé à l’amour en ses blanches retombées : la contention plâtrée des formes met paradoxalement à nu leurs points d’équilibre. L’écart vise finalement la profondeur du rapport entre dureté et fragilité. De nouvelles brèches s’ouvrent, l’espace se libère. Et les murs de l’atelier se facettent d’esquisses graphiques inédites et de plans d’orfèvres qui aiguillent dans le même temps le présent et l’absent. C’est que, dans la précision des gestes techniques, l’artiste maintient toujours le recul nécessaire à l’aménagement d’une singularité – ou d’une multiplicité - topographique".

Jean-Baptiste Mognetti

 

La résidence au domaine de Saint-Ser, selon l'artiste, va lui permettre de concrétiser un ensemble de sculptures directement confronté au paysage. Son but est de partir de la structure de la Sainte Victoire qui l'interroge, afin de se réapproprier son aspect difficilement palpable à l'échelle humaine. Nathalie Novain souhaite alors offrir sa propre vision des éléments constituant les strates géologiques et les curieuses sédimentations parfois mouvementées, comme sculptées par le vent.