Edwin Cuervo

Edwin Cuervo, Corps Terrestres, 2017 (5)Edwin Cuervo, Corps Terrestres, 2017 (4)Edwin Cuervo, Corps Terrestres, 2017 (3)Explosion originelle cosmologique - big bang, 2013, instalation, dimensions et matériaux variables, détail
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Vit et travaille Ă  Marseille

Résidence : Tuilerie Monier, Marseille (16Úme) en coproduction avec l'Ecole Supérieure d'Art et de Design Marseille - Méditerranée

Exposition(s) : Visites de l'atelier du 20 au 23/03/17 Ă  l'occasion de la Semaine de l'Industrie - Inauguration le vendredi 2 juin 2017, Ă  partir de 17h, dans le cadre du Printemps de l'Art Contemporain (sur inscription)

••• Site internet de l'artiste

Les résidences 2017

Corps Terrestres

Par l’utilisation de son propre corps et de sa force physique, l’artiste prĂ©sente des sĂ©ries de recherches qui Ă©tudient les notions de masse, de forme et de texture. Le postulat de ce travail est l’exploration des qualitĂ©s sculpturales de l’argile industriel utilisĂ© dans la tuilerie Monier.
L’artiste s’est intĂ©ressĂ© aux extrusions d’argile effectuĂ©es au sein de l’usine. Celles-ci laissent apparaitre le profil brut de la tuile, se prĂ©sentant sous la forme d’un ruban continu. Sorte de prĂ©moulage, il est alors sectionnĂ© Ă  des intervalles rĂ©guliers afin de former des galettes d’argile. Celles-ci sont ensuite pressĂ©es pour prendre la forme dĂ©finitive de la tuile.

Edwin Cuervo a alors choisi de dĂ©touner et d’extraire cette forme de son cycle de fabrication afin de mettre Ă  l’épreuve sa matĂ©rialitĂ©, sa rĂ©sistance ainsi que sa fragilitĂ©. Ce chahut de formes alors obtenu, dĂ©fuctueux et imparfait industriellement parlant, est porteur de rĂ©els qualitĂ©s plastiques dans le travail de l’artiste.
En effet, en opposition au processus de fabrication des tuiles oĂč la rigueur est de mise, telle une Ă©quation dĂ©jĂ  Ă©tablie, l’artiste change une variante Ă  chaque nouvelle opĂ©ration. Ces variations causĂ©es par le geste du sculpteur donnent naissance pour une mĂȘme matiĂšre Ă  une multitude de formes semblant instables, vulnĂ©rables, fragiles.
L’organicitĂ© de l’argile est ainsi dĂ©voilĂ©. les galettes lisses et compactes se muent en corps rugueux et granuleux. Les aspects prĂ©caires, charnels de la matiĂšre gĂ©nĂšrent un univers Ă©trangement familier. Un univers terrestre reflĂ©tant au mieux l’esprit, la volontĂ© et la pensĂ©e du crĂ©ateur. Un moyen tout particulier d’imiter la nature. La matiĂšre s’apparente ainsi Ă  la vie et conserve le souffle puissant de ceux qui la travaillent, laissant des traces sur les terres du prĂ©sent.


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Portant un intĂ©rĂȘt pour les matĂ©riaux bruts tels que la terre, le sable, le ciment, la chaux ou encore la cire, Edwin Cuervo met en place des mĂ©thodes de travail expĂ©riementales afin d’explorer les qualitĂ©s plastiques de la matiĂšre. Il use ainsi de processus crĂ©atifs liĂ©s au temps : transformation, altĂ©ration, modification, Ă©volution et fragilisation. Sa volontĂ© est celle de donner naissance Ă  un univers informel composĂ© de formes dynamiques, parfois Ă©phĂ©mĂšres, Ă  la limite de l’organique. Il met en scĂšne celles-ci par le biais de sculptures, d’installations, de vidĂ©os ou encore de photographies et perfomances.
En mettant au service de son processus crĂ©atif phĂ©nomĂšnes et Ă©lĂ©ments naturels, Edwin Cuervo cherche Ă  transmettre l’idĂ©e paradoxale d’un univers Ă©quilibrĂ© par le chaos qui le construit. Un univers infini, Ă  la fois fragile et illimitĂ©.